29.06.2008
Suite roman à suivre, poème, appel à textes, jeu d'écriture...
Bonjour-soir !
J'ai l'impression qu'à Toulouse nous avons traversé un printemps 2008 comme un vol à travers une farandole de nuages gris, mais l'été est bien là avec son soleil d'airain. Je souhaite par avance bonne escapade estivale à ceux qui vont en profiter, bon courage aux autres.
Au passage, je me permets de faire un appel à texte pour la rubrique poème du jour http://coeurromantique.free.fr/poemedujour.htm en lien, affiché sur différents sites (liste des sites en rapport, ici : http://coeurromantique.free.fr/listesitesenpoemesdujour.htm).
Je souhaite y mettre avant tout des poèmes sur l'été (nature, amour ayant commencé un jour de vacance, bain d'étoiles, été=3ème saison de la vie d'un Homme etc), de près ou de loin, mais si vous avez la plume qui a vagabondé sur d'autres muses, n'hésitez pas : http://coeurromantique.free.fr/poemedujourenvoi.htm
A propos des poèmes du jour, voilou le seul "vrai" nouveau poème qui y sera publié en juillet (les autres qui vont y être mis l'ont été l'année précédente, voire il y a 2 ou 3 ans) : http://coeurromantique.free.fr/poemedujour180708.htm
Pour ceux qui auraient l'élan, l'envie, la plume agitée, je vous invite à participer à un nouveau jeu d'écriture, un poème collectif. C'est par ici que ça se passe :
http://touga.20six.fr/touga/art/71130675/Jeu_de_vers_une_...
Enfin, une nouvelle suite du roman à suivre "Les pages déchirés" attend vos yeux de lecteur(/trice).
Pour (re)lire la première partie, cliquez ici
Pour (re)lire la seconde partie, cliquez ici
'Les pages déchirées'
A même le sol, au milieu de bric et de broc, au milieu de ce qui était, pour lui, des babioles, trônait une plume dorée. Elle sembla l'appeler comme la mer attire le regard du marin, comme le rêveur se tourne vers la lune au sein du dôme étoilé. Il ne put résister et s'approcha.
- Beau jour monsieur ! N'est-il pas ?! Je m'appelle Shakire Jackson, dit le découvreur de merveilles ! J'vous fais une ristourne si vous m'prenez cet'amante de la page avec cette sculpture du 19ème qu'mon arrière grand-père maternel a obtenu en travaillant auprès du grand Rodin en personne ! proposa d'emblée le drôle d'antiquaire qui avait remarqué la direction du regard de Greendle.
Ses paroles exprimées d'une traite, son débit rapide, son accent d'ailleurs, sa tenue digne d'un fakir et la peau ridée au teint rosi de ses mains et de ses avants bras dénotant avec la peau halée de son visage, du fait des années passées sous le ciel français, enlevaient un peu de crédibilité au sens des mots du vendeur dont l'âge avoisinait les quarante ans. Greendle esquissa néanmoins un sourire amusé tout en restant bouche bée sur l'instant.
- Oh, je sais, je fais un peu boutiquier des milles et une nuit ! répliqua le vendeur à l'air lourd de sens de l'homme devant lui. Mais j'vous garantis la provenance de ce qu'j'vends ! Ajouta-t-il sans se dépareiller de son sourire.
Son aplomb ne convainquit pas l'anglais, il se hasarda cependant à rentrer dans l'échange vocal... Il fit un signe de tête entendu, reporta son regard intéressé sur la plume tout en formulant quelques sons.
- J'aurais préféré acheter uniquement cette plume. Combien...
- Oh, maille lord ! coupa le vendeur. Uniquement cette plume ? J'ai bien vu qu'elle vous intéressait, mais si j'vous ai fait cette proposition c'est qu'elle a une grande valeur et accompagnée d'un trésor de plus grande valeur ça vous aurait fait un prix d'ami !
L'anglais lui lança un regard légèrement exaspéré à la mention du lord, exaspération qui s'intensifia devant la volonté manifeste de lui soutirer beaucoup de ses euros.
- Pour tout vous dire, la plume a appartenu à un alchimiste du moyen-âge, enfin deux. Elle aurait été faite par Saint Thomas d'Aquin puis se serait retrouvée, deux siècles plus tard, aux mains de Paracelse. Si vous...
- Je suis désolé, je crains de ne pas avoir la bourse et je n'ai plus le temps de... bavasser. Je dois y aller. Serez-vous là demain ? coupa Greendle.
- Une bourse ? Vous n'en avez pas deux, comme tout le monde ? Et oui, je serre bien la main ! taquina Shakire qui tendit la main.
Greendle fit de gros yeux éberlués. Interloqué le temps de deux battements de coeur, il finit par tendre la main à son tour pour une poignée vigoureuse.
- On se voit donc demain ?! Oh, fait, moi c'est Greendle ! lâcha-t-il avant de tourner les talons et de prendre ainsi congé.
- Enchanté Greendle ! Que les portes du jour qui s'ouvrent à vous le soient sous une prairie clairsemée de fleurs enivrantes ! lui souhaita l'antiquaire sur un ton amical.
Notre jeune photographe-reporter commença à tracer sa route avec une démarche altière qu'il changea en pas simplement pressés lorsqu'il mit les pieds sur le trottoir du boulevard de Strasbourg. Sa journée de travail avait virtuellement commencé et il lui aurait fallu pouvoir pagayer plus vite sur le cours du temps pour en rattraper. Il faut dire que le menu était bien chargé (séances photographies, scribouillage d'articles, corrections, réunions avec les collègues, échanges de mails avec le responsable éditorial du journal anglais...) mais la seule conséquence de son retard fut qu'il ne put se faire la séance de cinéma qu'il espérait et il rentra plus tôt que prévu dans son appartement pour se faire à manger, si éplucher des légumes, effeuiller une salade et réchauffer le contenu d'une conserve peut-être considéré comme tel.
Après avoir rassasié l'appétit de son ventre, il mit la vaisselle dans l'évier et alla consulter sa boîte à mail. Un message de son amie Liloo l'y attendait. Elle lui confiait son humeur du moment et un nouveau poème sur l'éclosion des étoiles dans l'univers et leur destinée, une allégorie avec les fleurs d'un jardin sauvage. Il apprécia la lecture mais ne se sentit pas de lui répondre dans la foulée, d'autant plus que la lecture d'un troll sur un blog de poésie dédié à Lord Byron le fit sortir de ses gonds et accapara toute son attention. Peu habitué à rentrer dans la polémique, la considérant futile, « phagocyteuse » de temps et d'énergie, il se sentit obligé de réagir pour défendre ceux qu'il aimait lire, et surtout en pensant à son amie-du-net japonaise qu'il considérait comme une digne poètesse contemporaine...
Le trublion, le provocateur avait traité les poètes de parasites, utilisant, détournant, pour sa généralité, la biographie du poète à l'honneur. Par la raison, Greendle voulut s'efforcer de ne pas être trop cinglant, de ne pas être trop subversif dans sa réponse, mais il eut du mal à réfréner son envie de piquer dans le vif l'auteur du message.
« Il faut avoir la conscience moyen-âgeuse pour se permettre de traiter les poètes de parasites. Un poète donne de lui sur le papier, il met de son regard, de ses tripes, de son âme, du monde. Il vous retourne, il vous transporte si ses textes vous parlent, trouvent écho dans vos grottes, vos profondeurs. C'est un travailleur de l'essence de vie. On ne peut pas en dire autant de certains travailleurs et encore moins de certaines entreprises qui font leur beurre de manière discutable, d'un point de vue philosophique ou non. Mais même pour eux, taxer de parasitisme ce serait ignorer le sens du mot et se prendre pour dieu le père.
Green, l'anglais scribouillard expatrié en France »
Il se relut et cliqua sur « Send / Poster »...
Un peu soulagé d'avoir pu exprimer son point de vue, mais toujours un peu échaudé, il éteignit son ordinateur et prit l'air en compagnie du livre qu'il avait acheté au bouquiniste en début de matinée...
Il élut temporairement domicile non loin du jardin du grand rond qui venait de fermer ses grilles, sur un banc de pierre où il commença à feuilleter le livre de Victor Hugo. Bien vite, les yeux ne pouvant plus faire leur office comme il faut sous la lumière évanescente, peu aidée par les lampadaires pour luter contre le voile de la nuit, Greendle se choisit un bar où il y dévora une trentaine de pages avant qu'il y ait trop d'affluences. Il termina dans son lit sa tranche de lecture, le chapitre qu'il avait entamé, et rejoignit la rive de l'impalpable en se laissant bercer par les vagues d'une mélodie lancinante...
La brume se lève sur une île, au point d'envelopper les étoiles dans le ciel. Seule la vue d'une grotte persiste. Elle semble loin et proche à la fois. Greendle avance vers elle. Étrange. Il a l'impression de ne plus sentir le sol, ce n'est même pas comme s'il s'était dérobé. Vole-t-il ? A peine s'est-il posé la question qu'il se retrouve nez à nez avec un diablotin qui allume un feu au dessus d'une brochette de coeurs. Le diablotin, au nez gros comme un pif, aux noisettes globuleuses et aux oreilles pointues, lui est étrangement familier. Et malgré son rituel macabre, il ne le sent pas menaçant, du moins ne lui prête-t-il pas attention. L'anglais poursuit sa route vers l'antre de la grotte lorsque, soudain, une vague le submerge...
à suivre / to be continued
© Pascal Lamachère - Juin 2008
22:55 Publié dans Nouvelles / Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman à suivre, chapitre, pages déchirées, roman, romantisme, poètes, lord bayron
03.06.2008
Suite 1 chapitre 1 du roman à suivre 'Les pages déchirées'
Sur le chemin de la Place Saint-Sernin, dans une petite place verte derrière la place du Capitole, alors que les rues commençaient à grouiller de voitures et de jambes alertes, que les ombres de la nuit laissaient définitivement place au voile d'or du jour, il s'arrêta devant une « scène de vie » : un vieux monsieur assis sur un banc en train de donner du pain aux pigeons et non loin, prêt d'un trio de ronds-troncs, un rouge, un bleu et un plus petit jaune, un jeune couple se chamaillant. Greendle se posa discrètement dans un point de vue qui lui permettrait de capturer l'orage fugace au sein de ce qu'il appellait le « kitsch toulousain » puis, après avoir appuyé sur le déclencheur, s'approcha du monsieur comme si de rien n'était, ou presque. D'un regard en coin, il vit un dernier éclair briser les cieux du couple. Ils devinrent deux personnes s'en allant dans une direction différente, du moins sur l'instant. Un peu honteux de son délit d'image, il adressa un sourire pincé à Gustave sur qui il reporta toute son attention. Il se présenta à son tour et lui demanda permission de prendre quelques photographies de son « occupation nourricière ». Après explication de la destination des clichés, du fait qu'il les prendrait de manière à ce qu'on ne le reconnaisse pas, il se mit à l'oeuvre, se focalisa sur le geste, les pigeons, les miettes. Une fois assez satisfait, il remercia son mannequin d'une poignée de mains et remit un pied devant l'autre.
Le long de la rue du Taur il repensa à la dispute. Il se fit un instant la réflexion qu'à trop rechercher la perfection on s'éloigne de soi et des autres, il en débattit ensuite en son fort. Qui sait ? Pas lui.
Il quitta ses pensées pour humer l'atmosphère. Bien vite, les premiers étals se profilèrent parmi les fourmis matinales, au croisement des pavés de la rue à moitié piétonne et de l'asphalte qui en tapissait une autre. Le jeune anglais se mêla aux toulousains, aux badauds, aux travailleurs en marche vers leur terrier, aux étudiants à laboure sortant du Crous et courant vers leur bus, aux gens venus simplement flâner de bonne heure. Il regarda sa montre. A l'instar des pressés, il n'avait plus trop le temps de prendre son temps.
Arrivé sur la place, Greendle oublia presque aussitôt le monde qui l'entourait. L'espace réservé au marché aux puces qui fleurait les alentours de la basilique, débordant à peine sur les ruelles, la place qui était meublée d'étals à auvents décorés de diverses marchandises, de camionnettes, de « tablées » en hauteur et à même le sol s'effacèrent dans ses noisettes verdâtres. Elles s'étoilèrent, se tapissèrent de vieux parchemins, de livres décatis et de livres quasi neufs, de livres faméliques et d'ouvrages volumineux, de couvertures glacées et de recouvertes de cuir écornées à différents degrés. L'amateur de littérature en tout genre en oublia même les marchands à la sauvette en train d'alpaguer le premier badaud, le premier passant venu. Plus discrets, des libraires assis au fond de leur siège attendaient patiemment que l'on vienne à eux en lisant un bouquin. Certains - les plus tardifs ? - s'occupaient à arranger la disposition de leurs « trésors ».
Tout en effleurant des yeux les paysages lettrés qui offraient leur surface, notre anglais commença à déambuler d'un pas nonchalant. Il savourait cet instant qu'il ne tarda cependant pas à échanger contre un autre. Une pancarte de fortune « Les plus grands auteurs du 19ème » semblait lui faire de l'oeil. Il s'arrêta devant une pile dédiée aux poètes.
- Bonjour monsieur ! salua le bouquiniste. Il poursuivit sans attendre qu'un mot ne sorte de la bouche de son client potentiel. Vous avez l'embarras du choix, que des chefs d'oeuvres !
- Bojour ! Est-ce que vos aïvez un Victor Hugo à me conseiller ? demanda Greendle avec son accent anglais tout en tournant la tête vers son interlocuteur à qui il adressa un léger sourire. On me l'a souvent conseillé pour parfaire maille culture sur votre littérature.
- Oh, un lord ! dit le vendeur avec une pointe d'humour. Oui ! J'ai, et on vous a bien conseillé. Enfin, vous voulez de la poésie ? ou des histoires épiques ? questionna-t-il en commençant à manipuler les livres. Quoi que je demande, mais de lui j'ai surtout des romans à vendre...
- Hmm... Je... Des histoires alors ?
- Si vous voulez, la semaine prochaine je pourrai vous dégoter un recueil de poèmes et un de ses plus grands classiques que j'ai vendu il y a peu. Mais si vous avez les moyens, j'ai cette superbe édition de L'Homme qui rit. Sur la couverture il y a une magnifique héliogravure. C'est inspiré d'un pan de l'histoire anglaise. Et ça tombe bien, vous êtes anglais si je ne m'abuse ?!
Le bouquiniste lui tendit un volumineux livre tout de cuir noir vêtu, il sentait bon le parchemin. Greendle hocha positivement la tête, ses lèvres se fendirent en un fugace large sourire et il apprécia le contact avant de prendre un air interrogateur.
- Vous m'avez dit si j'ai les moyens ? s'inquiéta Greendle.
Une brève négociation s'ensuivit puis, les deux parties satisfaites des termes de la transaction qui tenaient en deux beaux billets de vingt euros, il mit la main dans sa besace, paya, rangea, salua et reprit sa déambulation. Il n'avait plus vraiment le temps, ni l'argent, il continua néanmoins à chiner. D'autres merveilles lui tendaient les pages et il ne voulait pas louper celle qui le ravirait. Il enchaîna ainsi les étals des bouquinistes.
Différentes trouvailles, un livre sur les globe-trotteurs d'une plume vagabonde, un d'un autre romancier célèbre, un sur une pièce de théâtre d'un auteur-comédien tout aussi réputé, attirèrent son attention... sans qu'il n'en fasse l'achat.
Dans un virage, alors qu'il avait presque fait le tour du marché aux puces, de l'offre de ces vendeurs de vagues d'hier, de voyages intemporels en périphérie, en long en large et au travers l'âme humaine, et alors qu'il s'apprêtait à sortir son appareil photo pour graver la place dans les octets, garder une trace des autres chineurs qui brassaient les livres, les marchandises avec une conviction proportionnelle à leur prix, c'est parmi un des rares vendeurs de brocante non littéraire et non vestimentaire, le samedi étant plus ou moins consacré aux livres et aux ajouts de « peaux », que Greendle posa instinctivement ses yeux sur ce qui aurait pu être sa plus belle acquisition du jour.
à suivre / to be continued
© Pascal Lamachère - mai 2008
11:55 Publié dans Nouvelles / Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman, suite, suivre, gratuit, lecture, écrivain, toulouse
04.05.2008
Jeux de plumes et roman à suivre
Oyez !
J'ai décidé de lancer des petits jeux de plume sur le blog lié à mes sites. Le premier est un cadavre exquis auquel tout le monde peut participer s'il en a l'élan.
http://20six.fr/touga/art/43732599/Premier_jeu_plumeux_un...
Pour le roman à suivre, je mets ci-après le premier passage. J'essayerai de partager un bout de suite toutes les semaines.
Bonne fin de week-end, bon début de semaine, :),
Pascal
Chapitre 1 - Greendle et la plume chinée
Dans sa course,
Une ombre se déchire,
Un trou dans le mur
Et l'impression d'infini au-delà... »
Tel est le chemin à venir d'un type, un homme baptisé Greendle. Il se considérait, s'était considéré ordinaire jusqu'à ce que...
« Le printemps danse
avec les nuages et le soleil,
dans les rues les fleurs s'ouvrent,
les étoiles s'y éparpillent... »
Un beau jour de mai, ces quelques mots chantés accompagnés d'une musique classique diffusée par son radio réveil le firent s'écumer vers le monde du réveil. Branché sur sa radio favorite, il enleva sa couette, s'étira puis resta quelques instants allongé, repensant aux songeries de la nuit qui ne se s'étaient pas encore évaporées vers la dimension hors de portée des éveillés. Une fois fait, il se tourna vers le callepin posé sur la table de chevet, légèrement à cheval sur sa paire de lunette, non loin de l'appareil sonnore. Après un instant d'hésitation, il se leva, saisit le calepin de fortune dans lequel était glissé en marque page un stylo et se mit à scribouiller tout ce qu'il venait de passer en revu.
« la saison déraisonne,
l'homme raisonne,
des bouts de terre grognent... »
Greendle appuya sur le bouton off, fit trôner sur son nez légèrement aquilin la monture cuivrée de ses lunettes rondes, se diriga vers la petite salle de bain de son 23 mètres carré. Devant le miroir au dessus de l'évier, il plissa ses petits yeux, « contempla » son reflet de jeune homme de 28 ans. Ses cheveux bruns, bien qu'assez courts, avaient trouvé le moyen de se mettre en vrac, il les ébouriffa, passa ensuite ses mains sur sa fine moustache, sa barbe naissante et enfin ses pommettes saillantes avant de traîner son corps d'allure commune sous la douche.
« I hoope a day
loove will knock in my hearth
and the suun shine
and the suun... »
De sa voix anglaise, ce jeune photographe-reporter se prit à chantonner avec sa voix chaude et mélodieuse de la soupe d'un boys band bien de chez lui. Bien qu'il avait eu le courage de s'expatrier en France, à Toulouse, Greendle se définissait lui-même comme un baroudeur pantouflard et aimait bien avoir ses repères lui rappelant sa terre d'origine, aussi peu à son goût soient-ils. Ceci dit, cette chanson traduisait plus un manque. Célibataire presque endurci, il avait gâché toutes ses potentielles relations depuis sept bonnes années, fait fuir toutes les femmes qui s'intéressaient à lui. Il en regrettait un certain nombre, parfois une plus que les autres, mais au fil du temps les regrets changeaient de tête, ce qui en soit, se raisonnait-il, était la preuve qu'il n'y avait paradoxalement rien à regretter. Toujours est-il qu'il avait l'élan pour compenser, en apparence, ce vide : il menait de front deux jobs, enfin, plutôt deux postes, l'un de correspondant photographe-reporter pour un journal anglais, l'autre de photographe reporter pour un local. Son temps libre en était devenu peau de chagrin. Toutefois, il se débrouillait pour grappiller, lier les activités et ne se plaignait pas de son sort. Ainsi, aujourd'hui, samedi, il avait décidé de faire son « shopping » en se rendant sur son lieu de reportage...
Douché, coiffé, « déodorisé », habillé, le sac - préparé la veille - en bandoulière sur l'épaule gauche, Greendle était paré. Plus par habitude, par acquis de conscience quasi obsessionnelle que par nécessité, il vérifia sur son agenda virtuel le programme de la journée. Il n'y avait rien de bien différent des autres jours, il savait déjà où il devait aller, ce qu'il voulait faire avant. Il rangea son agenda, éteignit la lumière et sortit...
« L'ombre diaphane
des promesses de la nuit
s'évanouit
au creux de la volonté
trop acérée... »
Dans la fraîcheur matinale de la ville, non loin du Grand Rond, il regarda sa montre à aiguilles qui indiquait 6 h 45. Il avait le temps de prendre son breakfast dans un bar et de flâner sur le marché aux puces et à la brocante de la Place Saint Sernin. Sur le chemin, il se choisit donc une petite table près d'un coin de verdure, en plein un hot-spot wifi gratuit. Il passa commande et posa devant lui son petit ordinateur portable pour checker ses messages.
Celui d'une amie-du-net japonaise fit à ses lèvres former un large sourire. Expatriée sur une île, qu'elle lui avait dit, ne précisant ni le nom ni « l'emplacement géographique approximatif », ses envolées fleuraient bon la lumière et la chaleur équatorial. Il avait entamé des échanges épistolaires avec elle par l'entremise d'un site de poésie shakespearienne. Après que le serveur ait déposé son thé, son jus de pamplemousse, son croissant et son oeuf au plat, après un « mirci » et l'entame des mets, il rédigea sa réponse :
« Cher Liloo,
J'ai lu avec grand plaisir ce que tu m'as envoyé, voici un petit écho pseudo poétique en guise de claviardage impressionnatif :
Le paysage de tes mots m'émeuvent,
je les imagine murmurer aux vagues
la beauté de la terre qu'elles ne peuvent toucher,
qu'elles admirent au travers de leur écume,
je les imagine porter par elles et venir toucher d'autres rives
comme une bouteille à la mer traversant l'océan
et échouée avec amour,
transformant le rocailleux
en une myriade de sable fin...
@micalement,
Greegree »
Greendle cliqua sur « envoyer » puis engloutit ce qui restait, rangea son ordinateur et prit congé...
to be continued / à suivre
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