29.01.2007

Ambiance tamisée hivernale - soleil "artificiel" + "ateliers"

Il y a quelques jours, il a neigé sur Toulouse et environs. Cela n'a véritablement duré qu'une journée/nuit, mais étant donné les températures, des morceaux de tapis blancs sont toujours présents sur les toits. Bref, cette "nuit neigeuse", l'ambiance lumineuse était "chaude". Votre serviteur s'est gelé les "miches" pour en témoigner. La photographie ci-dessous n'a rien d'extraordinaire, mais est fidèle à l'ambiance.

Au passage, je vous invite à partager sur le forum vos photos, dessins, peintures d'hiver, symbolisant ce qu'il représente pour vous (- cliquez ici), ainsi qu'à encrer en phrases, paysages lettrés, un/plusieurs trait(s) de son "caractère" (cliquez ici) . A noter que vous pouvez apporter votre contribution sans participer au forum en me l'envoyant à laplumelibre@free.fr

Bon début de semaine,
Pascal


Les étoiles d'hiver dansent dans la nuit froide pour former à lueur de lampadaires un soleil nocturne orangé, et sur le sol de l'écume des cieux.

25.02.2006

La valse à quatre Temps

La valse à quatre Temps


Il y a très, très, très longtemps, alors que les terres étaient à peines émergées, Gaïa, s'ennuyant avant d'achever ses créations, parcourait de long en large sa chambrée.

Le jour, elle sentait la fleur céleste de ses crins chatoyants la caresser d'une douce aubade. La nuit, l'oriflamme des cieux dansait avec elle, le silence n'était pas, en elle la chamade. Mais elle ne savait que faire de tout ce qui était à sa portée, le dessin que lui réservait les dieux...

Un jour, elle alla voir ce bon monsieur Temps, afin d'éclaircir son éternité.

Celui-ci, dans sa suite douillette, méditait depuis bientôt, oh !... depuis la nuit de la nuit. Il s'était gavé dans la source originelle, empiffré de tablettes de big-bang et d'expansion à en faire des trous noirs, comme une souris fromagère qui fait avec soin son gruyère. Sa position n'était pour autant pas si confortable que cela, puisqu'elle l'avait emplie de solitude sans vie ; à quoi bon, tant d'infini s'il n'est pas partagé ? Faire le tour de l'univers sans se perdre ? Ainsi, lorsque la dame toute nature vint secouer le sablier de sa porte, il en fut tout émoustillé. D'autant plus lorsqu'il aperçut la visiteuse après s’être changé et quelques grains avoir enlevé. Il la fit entrer, la salua d'une pluie printanière, lui fit visiter de sa demeure les méandres. Ils entamèrent ensuite la discussion autour de leur fonction, leur destinée, leur préoccupation. Et Gaïa arriva au vif du sujet, le pourquoi de sa venue. Le Temps comprit de sa visiteuse la déconvenue. Pris de compassion, il l'invita à danser pour se changer les idées, lui promettant de trouver solution.

Le Temps : « Venez danser ma dame, les fées filantes joueront pour nous la symphonie de la nuit des temps. Je vous emmènerai valser jusqu'à votre ronde où, si envie vous avez, nous mettrons pensées à nu. »

Gaïa : « Mon âme-Temps, vous m'envoyez devenir verte d'autant de prévenance, à en faire frémir mon sang. Je ne puis qu'accepter, et je vous montrerai les atours et intérieurs de la planète qui fait mon sens.»

Le Temps et Gaïa s'en allèrent aussitôt, enlacés l'un à l'autre. Pour leur rendre hommage, le cristal de feu à leur venue, pris par les envolées de la mélopée, monta plus haut et les fit baigner dans sa lumière. Les nuages se mirent tantôt à gronder, tantôt à s'évaporer en rythme mordoré. Le vent se fit brise et tempête. La Vie, amie et enfant de la Dame, qui était arrivée et avait posée ses bagages, s'accommoda avec la terre. Puis, pour laisser intimité à la valse des deux joyeux enlacés, avec des notes plus tempérées, les cieux se couvrirent, la fleur se courba pour aller au lieu où elle ne les dérangerait. Fille qui toujours s'agitait, se préparait avec son cortège à s'assoupir : les feuilles tombèrent pour préparer leur couche. En quête de chatoiements, des oiseaux s'envolèrent vers un ailleurs, les draps de chacun en harmonie furent dépliés. Quand la musique se fit murmure, prête à s'éteindre, Temps enlaça la Dame, l'embrassa de son entier avec ciel. Elle lui répondit en accord et, né de l'immensité de leur plaisir de s'être trouvés, des anges de cristal vinrent, les recouvrant d'un manteau d'hermine afin qu'ils puissent jouir de leur plaisir en totale impunité, pour que dieux n'aient à mot dire, à jalouser. Vie avait fait Hommes, des arbres devenus chaumières. Ils rentrèrent, frêles rendus face aux actions de la toute jeune température qui, pour faire vivre l'immobilité, s'était assoupie loin de leur feu.

Quand nos deux amants universels eurent consommé leur bonheur, du grain s'écoulant, les fées firent rejaillir la symphonie, Gaïa se changea pour mettre un manteau de verdure, sa fille Vie fit des bourgeons, le Temps revint en sa suite pour admirer tout le travail des astres de la nuit et du jour qui y découvrir leur passion…

Depuis ce moment circulaire, où le sablier a fait faire un tour à la terre, Gaïa et le Temps ne cessent de s'offrir cette escapade, cortège de se fondre en la symphonie et notre Dame, guillerette en sa chambre, d'arborer un grand sourire...

~ Pascal Lamachère - Septembre 2002 ~

23.02.2006

Introspection hivernale

Je cherche...

Sais-tu qu'étoiles de nos cieux sont fragiles
Qu'il ne faut les trahir par quelques jugements
Tel des avions plongeant des tours dans le noir
Tel un volcan qui fait basculer vie d'île

J'effleure...

A travers les rideaux s'anime l'air du Temps
Sais-tu qu'une envolée se nourrit d'espoir
Il ne faut rester la tête dans les abîmes
Il ne faut avoir peur de ces plus hautes cimes

Je touche...

Fée se pose sur tête du promenoir
Agite sa baguette pour poser sublime
Sais-tu qu'elle prépare source au soleil d'hiver
Sais-tu que son ivresse se déguste au calme

J'explore...

Sais-tu qu'ombre ne grignote que de l'infime
Que lumière se partage des gros airs
Mais la loi ne vaut que par vue de terre
Mais ce n'est "qu'une" explosion qui est infâme

Je fonds...

Aux pieds d'un grand blanc les paysages d'ère
Défilent comme farandole par calame
Dans page immaculée s'avive sang
Dans sable d'hiver renaît songe du printemps...

Sais-tu ?

© Pascal Lamachère - février 2006

18.02.2006

Promenade hivernale ou bouffée d'hiver

medium_boutdedigueenhiver.jpg



J'aime la neige comme un soleil hivernal. Je me suis régalé en me promenant dans tout l'Union, les écouteurs mp3 sur les oreilles, le bonnet sur la tête. Le samedi après-midi, le moment où il a le plus neigé, la majorité des habitants qui n'hibernaient pas faisaient leur course ou sortaient leurs enfants dans le jardin ou dans un lieu encore plus propice aux luges. Quelques rares promeneurs, dont les pas étaient bien vite recouverts par les crins solaires d'hermine givrée, se sont hasardés à fouler les rives du lac. J'ai écrit quelques ptits haïkus inspirés de ce moment, vous les retrouverez sur l'album photo, en "commentaire" de cette même photo. Là tout de suite maintenant, je préfère partager avec vous un autre écrit, en rapport avec les saisons :



Souvenirs saisonniers

Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti,
De ces soleils/pluies incessants, du vent frisson,
Des roses, papillons et abeilles pour l’occasion
Parés de leurs merveilles. Quand le parvis
Est ensoleillé, y reviennent les hirondelles,
D’amour s’envolent colombes, même sans ailes.
Les murmures de la terre sont pleins d’espoir,
De verts, les fleurs s’ouvrent, leurs fragrances
S’offrent par vibration des corolles.
Sortent du noir Cieux émoustillés, nuages parfois blancs.
La science Du coeur entend l’univers graver sa symphonie.

Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti,
Du temps du radieux, de l’après printemps.
Le temps de l’été qui déchausse, déshabille,
Où parfois, en voulant trop en faire, la fleur de feu
Brûle la terre, la chair, puis monte le sang
De Gaïa qui tend à se rebeller... Gaïa qui oscille,
Soumet les corps à l’orage, coupe les cieux
Avec éclairs... Puis reviennent les douces nuits
Et les journées soupirantes où lune et étoiles
Miroitent... où chamade pousse le jovial...
Où l’ombre d’un arbre est rêvée du puits.

Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti
De ce bout de vent, ce vent
Qui se balance et avec pieds grandit,
Qui tourbillonne et dépose
Les feuilles, par les branches chant
Transporte, amène à la rose,
Par terre, larmes des cieux, pour nourrir
Son cristal... Ce bout de vent qui raisonne
Avec les fruits de la saison de l’automne...
De peur de s’y perdre, partir
Ont préféré les hirondelles, ailleurs
Retrouver le calme, en harmonie de leur moeurs...
A l’aubade languissante s’ouvrent et se ferment
Les fenêtres, les ramages se font bohème.

Dis ? ! Te souviens-tu, te souviens-ti,
De ces morceaux gelés, glacés,
Sur les fils ondulés et sur les toits,
Déposés... Le vent petit à petit
A amené les étoiles du ciel givrées,
Parfois de « simples » perles d’émois
Fondues autour des fleurs assoupies,
Formant un voile nourricier, les recouvrant
Pour qu’elles s’ouvrent au printemps,
Que d’amour elles éclosent à la vie...
Mais l’hiver s’est avancé en se gardant bien
De demander à la cohorte son avis,
Infligeant son sort... Pour en faire fi,
Nos coeurs au chaud se sont couverts les mains.

Dis ? ! Te souviens tu, te souviens ti,
De ce que cela fait de voir les bourgeons
Germer de nouveau, d’humer les créations
Qui sortent de leur immobilité, la vie
Par écrins d’or inspirer la création ?

Dis ? ! Te souviens tu, te souviens-ti,
De ce que cela fait de voir les changements,
De garder au fond éveiller son coeur d’enfant,
D’avancer et de rester soi pour sourire de vie ?...

Saisons filent, souvenirs de chairs et d’esprits y font sursis...

© Pascal Lamachère - Février 2002