29.02.2008
Suite 2 de Project chaos, animation forum et poèmes de mars
Au passage, vous noterez sur la page que je recherche des personnes pour animer le forum "généraliste", cliquez ici pour voir l'annonce.
Suite de Project chaos
… Cette dernière pointa dans la direction du vortex et commença à entraîner la main qui la tenait, avec le reste du corps par la même occasion. Son propriétaire sembla se laisser traîner, hésitant à suivre le chemin de la drôle d’histoire qui s’était encrée sous ses yeux…
« Bon, alors ?! T’attends que le croquepage ramène sa gomme dans les parages ? » vibra la plume retournée vers les mirettes.
« Hum ! J’ai le droit de décider où je te promène, non ? Et à vrai dire, je me demandais s’il ne serait pas plus intéressant de…
Hey ! »
La plume, badine, avait coupé court à la pseudo rhétorique de la bouche de son maître en venant titiller ses narines. Dans la foulée, l’ouverture vers la dimension de Gel aspira tout l’air de la pièce. L’homme n’eut d’autre choix que de se laisser aller, de se laisser guider pour à nouveau mettre en contact le fer et l’encre…
De « l’autre côté », la bulle avait déjà bien épousé des paysages lettrés jamais observés jusqu’ici : au bord d’une vaste pleine d’eau verdâtre, un château trônait au sommet d’une montagne sableuse clairsemée (*), infestée de nains tristus fernus, des personnes du bon peuple en guenilles avaient été attachées çà et là le long des sentiers escarpés, certains nains « s’amusaient » à les enfoncer le plus profondément dans le sol friable, une sorcière assise sur un rempart de la plus haute tour tournait le dos à quelques nobles et mages immobiles. A l’intérieur des murs c’était tout autant la pagaille, si ce n’est plus, en dehors d’une pièce calme située dans les sous-sols. Il faut dire qu’elle était protégée par la magie du mage du royaume et que la sorcière n’avait pas encore pointé son nez dans les parages. Gel y était apparu et, sur une sorte de banc couvert de tissus, était visiblement rentré en transe face à son ami, tout aussi habillé de nu, en dehors du couvre chef pointu tout étoilé. Le silence serait aussi de la partie si deux petites voix nainfernalesques ne l’empêchaient pas de se présenter…
La plume se faufila pour graver d’un peu plus près l’étrange scène.
Un nain emmitouflé dans une cape était en train de faire des mimiques, présentant visiblement sa dernière blague à deux autres nains, avec la complicité d’un autre.
« Je suis Super Con ! » affirma t-il sur un ton dramatique en se dodelinant.
« Meuh… nan ! » fit semblant de rasséréner son comparse qui hocha la tête de bas en haut tout en se faisant, a
« Si si ! C'est mon nom ! »
« ... Ah, Sisi c’est ton nom ?! »
« Mais non, Con ! »
« Je te permets pas ! C’est toi l’con ! »
« Oui, oui, c'est bien Con... mon nom de famille. »
« ...
C'est con comme nom de famille…»
« Naine en tutu bleu ! Je te l’avais dit ! T’es vraiment qu’un perroquet tristus tout joyeux ! » insulta le ‘capé’.
« Et toi t’es qu’un… qu’un… blagueur sans fernus ! » rétorqua le comparse qui se rua, cornes baissées, sur l’autre.
Les deux autres nains semblèrent prêts à se joindre à cette petite bagarre amicale. Devant l’affligeante tournure, l’attention de la pointe se retourna vers Gel qui s’était levé d’un bond et s’était mis en colère alors qu’aucune parole audible n’avait été échangée. Il avait visiblement fait le point de la situation par télépathie.
« Et si la sorcière met fin aux jours de quelques personnes ?! S’il lui venait l’envie de s’en prendre à mon amie Atine, je ne pourrais me le pardonner ! Je dois d’abord aller lui parler ! Lui faire une proposition qu’elle ne pourra décemment par refuser ! »
Le mage resta en transe pour maintenir la pièce sous protection et pour…
« Oui, j’ai compris que des tractations sont en cours avec des droliticus, que vous êtes en train d’entamer les palabres par l’intermédiaire du conseil de la féerie ! Mais cela ne fera sûrement qu’alimenter le fléau !
De quoi je m’enflamme dans le vide ? Je… Et si je lui servais d’appât vers le lieu de réunion ?! Oui, cela pourrait être une bonne idée ! Je suis d’accord ! » sembla monologuer, voire soliloquer Gel.
Pour seule réponse visible, son ami forma une boulle avec ses mains, ce qui eut pour effet d’envelopper Gel dans une bulle. Il lévita aussitôt, sortit de la pièce en traversant le mur, tel un fantôme, fut l’objet d’attentions particulières des nains qui tentèrent – en vain - de nombreuses pirouettes qui devaient le faire rebondir sur les parois de l’escalier qu’il « montait » à présent. D’infimes particules d’encre s’accrochèrent à la bulle lorsqu’elle s’engouffra par une fenêtre du premier étage…
La plume sembla hésiter à suivre Gel, le plus gros ayant imprégné cette rive, ce château, et d’autres bulles quémandaient son attention dans des ailleurs…
to be continued / à suivre / 待續 / essere continuato
© Pascal Lamachère – février 2008
(*) A la demande de FCSSS
Pour rappel, j’ai décidé de faire avec cette histoire une sorte de jeu/expérience d’écriture. Vous pouvez influer sur des détails, voire sur l’essence de ce qui sera conté. Pour soumettre une (des) envie(s) de suite, je vous invite à remplir le formulaire dédié (vous pouvez y accéder en cliquant ici).
22:55 Publié dans Plume Rieuse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poèmes, mars, conte, humour, interactif, suivre, lecture
19.10.2007
Suite de Project chaos et histoire d'interactivité
Ce n’est pas que je manque d’inspiration, j’ai simplement envie de tester, d’expérimenter une sorte de jeu d’écriture. Ce « jeu » consiste en une « lecture-écriture » interactive. J’ai décidé de l’expérimenter avec cette « histoire » là, Project chaos, dont la suite n’est pas encore définitivement encrée. Vous avez ainsi possibilité d’influer sur le déroulement, le contenu, des détails. Non sur ce qui a déjà été écrit mais sur ce qui est à venir. A la fin de chaque futur passage, je mettrai le nom de la (des) personne(s) dont (les)l’idée(s) a (ont) été reprise(s), si elles le souhaitent. Pour soumettre une (des) idée(s) je vous invite à remplir le formulaire dédié (vous pouvez y accéder en cliquant ici). Il reprend certains détails en rapport avec la fin de ce second passage. Merci de votre attention :-)
* * *
« Du silence
Un jour je suis né...
Et...
Après quelques explosions
J'y suis retourné... »
Semblait vouloir dire les traces de la défunte activité du volcan…
En s’incrustant, en s’imprégnant, en « mourrant pour y revivre » sous une autre forme, la poussière d’encre fit ressortir une tranche d’histoire du lieu : suite à leurs "bourdes" répétitives, les lutins - qui s'étaient occupés de la plomberie, des tuyaux, de la chaufferie au fond du cratère - avaient été mis au chômage... Il faut dire aussi qu’il n’y avait plus de travail pour eux sur le lieu ; le plus gros des relents de l’enfer à réguler sur le site avait souillé la nature et il ne restait donc plus rien à contenir, plus rien avant des millénaires. Ceci expliquait le relatif calme. Relatif car, non loin du volcan, dans une masure collée à la forêt l’entourant, un homme vivait reclus, se cachait, aidé par le clan des fées Mérides…
« … Qu’est-ce que des fées Mérides ? » demanda l’auteur à sa plume.
« … Je t’en pose des questions ? » frémit la plume dans l’air.
« … Ben, j’y répondrai avec plaisir ! » rétorqua t-il avec ses doigts.
« … Laisse couler l’histoire et tu auras ta réponse… » conclut la plume qui s’imbiba des atomes d’encre pour s’ancrer à une nouvelle page…
Reprenons le cours de notre tranche d’histoire…
… Dans une pièce quasiment vide, l’homme était assis devant une vieille table de bois, il pouvait sembler se rapprocher de la cinquantaine avec quelques cheveux grisonnants, des joues légèrement fripées, des profondes rides montant légèrement vers le haut comme si il avait fait trop de clins d’œil, un nez pouvant être qualifié de pif, des petites oreilles aux lobes légèrement pointus, un cou musclé, des épaules larges couverts de « vêtements communs », « communs » pour des êtres d’une autre dimension. Non que l’homme n’était pas terrien, il n’était juste pas « humain », pas de notre dimension…
Mais ce n’est pas uniquement pour cela que les fées Mérides l’aidaient à se cacher en voilant son existence, le rendaient plus ou moins invisible à tous, toutes dimensions confondues. Si par le pouvoir qui leur est conféré ces fées peuvent à loisir vous inclure au cycle de la ronde ou vous en extraire, un peu comme si elles avaient le pouvoir de décider du contenu de l’histoire, du calendrier de la terre, elles prennent leurs ordres « d’en haut » et avaient pour mission de protéger cet être, ce qui passait par le « cacher ». Seule la fondue, la sorte de dématérialisation de la bulle a pu faire la « lumière » dessus...
L’homme posa sa plume, ramena ses bras recouverts de rien sur le bord de la table, se leva d’un bond, et dans sa tenue composée de « vêtements communs » qui ne sont autre que sa nudité, sa tenue d’Adam, il contempla un instant la lettre qu’il venait d’écrire. Elle était destinée à ses protecteurs, au conseil de la féerie, il leur exprimait toute sa gratitude pour leur relative aide tout en leur demandant de lui permettre de retourner d’où il venait afin qu’il agisse d’une manière ou d’une autre, quitte à se mettre en danger…
Il hocha la tête en la mirant, comme pour se conforter dans l’idée qu’il prenait la bonne décision. Pouvait-il en être autrement ? Vivre seul en laissant son peuple se faire massacrer sous prétexte que de toute façon tout était perdu ? Il savait que le mage de son royaume avait voulu protéger ses intérêts en l’envoyant ici. Il l’avait accepté au début, dans le fol espoir que la nouvelle de sa disparition ferait cesser les agissements de la sorcière qui avait juré sa perte suite à la « disparition » de quelques plantes rares qui avaient malencontreusement finies leur destin dans le ventre du fidèle destrier du souverain. Mais les dernières nouvelles n’étaient pas bonnes : cette créature « rancunière » avait levé une armée de nains tristus fernus, des clones, des clones uniquement du corps des nains droliticus fernus, car l’âme des tristus est pervertie, leur unique raison d’être est de faire du mal sans forcement faire rire…
Une fée Méride rentra dans la pièce, se posa sur son épaule et coupa ses songeries.
« Que le grand auréolé me fasse liquéfier ou pousser des cornes sur le champ si je ne le suis… euh, à la réflexion non, mais je veux essayer ! » répondit l’homme d’une voix presque éteinte, la gorgée nouée.
« Je dois dire que ça nous soulage, nous sommes de plus en plus nombreuses mais tout juste pour répondre à… la demande toute aussi croissante… Aussi, messire Gel, si vous voulez bien vous écarter… » expliqua et demanda la fée.
Gel s’écarta légèrement puis plongea sans se faire prier dans le passage que lui avait ouvert cette fée Méride…
Pas de quoi en faire un roman ! A peine un conte, une nouvelle ! Pensa l'oeil-coeur-cerveau qui faisait bouger la plume. Pas si sûr... En même temps que le passage s’était ouvert, la protection s’était évanouie et une autre bulle pu s'engouffrer dans cette autre dimension, prête à happer son attention, à quémander la pointe de la plume...
18:30 Publié dans Nouvelles / Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chaos, histoire, conte, nouvelle, fée, fantasy, imaginaire
25.02.2006
La valse à quatre Temps
Il y a très, très, très longtemps, alors que les terres étaient à peines émergées, Gaïa, s'ennuyant avant d'achever ses créations, parcourait de long en large sa chambrée.
Le jour, elle sentait la fleur céleste de ses crins chatoyants la caresser d'une douce aubade. La nuit, l'oriflamme des cieux dansait avec elle, le silence n'était pas, en elle la chamade. Mais elle ne savait que faire de tout ce qui était à sa portée, le dessin que lui réservait les dieux...
Un jour, elle alla voir ce bon monsieur Temps, afin d'éclaircir son éternité.
Celui-ci, dans sa suite douillette, méditait depuis bientôt, oh !... depuis la nuit de la nuit. Il s'était gavé dans la source originelle, empiffré de tablettes de big-bang et d'expansion à en faire des trous noirs, comme une souris fromagère qui fait avec soin son gruyère. Sa position n'était pour autant pas si confortable que cela, puisqu'elle l'avait emplie de solitude sans vie ; à quoi bon, tant d'infini s'il n'est pas partagé ? Faire le tour de l'univers sans se perdre ? Ainsi, lorsque la dame toute nature vint secouer le sablier de sa porte, il en fut tout émoustillé. D'autant plus lorsqu'il aperçut la visiteuse après s’être changé et quelques grains avoir enlevé. Il la fit entrer, la salua d'une pluie printanière, lui fit visiter de sa demeure les méandres. Ils entamèrent ensuite la discussion autour de leur fonction, leur destinée, leur préoccupation. Et Gaïa arriva au vif du sujet, le pourquoi de sa venue. Le Temps comprit de sa visiteuse la déconvenue. Pris de compassion, il l'invita à danser pour se changer les idées, lui promettant de trouver solution.
Le Temps : « Venez danser ma dame, les fées filantes joueront pour nous la symphonie de la nuit des temps. Je vous emmènerai valser jusqu'à votre ronde où, si envie vous avez, nous mettrons pensées à nu. »
Gaïa : « Mon âme-Temps, vous m'envoyez devenir verte d'autant de prévenance, à en faire frémir mon sang. Je ne puis qu'accepter, et je vous montrerai les atours et intérieurs de la planète qui fait mon sens.»
Le Temps et Gaïa s'en allèrent aussitôt, enlacés l'un à l'autre. Pour leur rendre hommage, le cristal de feu à leur venue, pris par les envolées de la mélopée, monta plus haut et les fit baigner dans sa lumière. Les nuages se mirent tantôt à gronder, tantôt à s'évaporer en rythme mordoré. Le vent se fit brise et tempête. La Vie, amie et enfant de la Dame, qui était arrivée et avait posée ses bagages, s'accommoda avec la terre. Puis, pour laisser intimité à la valse des deux joyeux enlacés, avec des notes plus tempérées, les cieux se couvrirent, la fleur se courba pour aller au lieu où elle ne les dérangerait. Fille qui toujours s'agitait, se préparait avec son cortège à s'assoupir : les feuilles tombèrent pour préparer leur couche. En quête de chatoiements, des oiseaux s'envolèrent vers un ailleurs, les draps de chacun en harmonie furent dépliés. Quand la musique se fit murmure, prête à s'éteindre, Temps enlaça la Dame, l'embrassa de son entier avec ciel. Elle lui répondit en accord et, né de l'immensité de leur plaisir de s'être trouvés, des anges de cristal vinrent, les recouvrant d'un manteau d'hermine afin qu'ils puissent jouir de leur plaisir en totale impunité, pour que dieux n'aient à mot dire, à jalouser. Vie avait fait Hommes, des arbres devenus chaumières. Ils rentrèrent, frêles rendus face aux actions de la toute jeune température qui, pour faire vivre l'immobilité, s'était assoupie loin de leur feu.
Quand nos deux amants universels eurent consommé leur bonheur, du grain s'écoulant, les fées firent rejaillir la symphonie, Gaïa se changea pour mettre un manteau de verdure, sa fille Vie fit des bourgeons, le Temps revint en sa suite pour admirer tout le travail des astres de la nuit et du jour qui y découvrir leur passion…
Depuis ce moment circulaire, où le sablier a fait faire un tour à la terre, Gaïa et le Temps ne cessent de s'offrir cette escapade, cortège de se fondre en la symphonie et notre Dame, guillerette en sa chambre, d'arborer un grand sourire...
14:20 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, conte, poétique, valse, quatre, temps, Gaia, saison, hiver
19.02.2006
Parfois dans la rue, un regard, un visage
http://laplumelibre.free.fr/saison-des-poetes/parfois.htm
11:20 Publié dans Nouvelles / Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, collectif, sans, abrit, sdf, conte, histoire

