22.02.2006

Une histoire de Sartre (de ses citations)

L'existence précède l'essence.

Ne pas choisir, c'est encore choisir.

La douleur, c'est le vide.

L'argent n'a pas d'idée.

L'homme est à inventer chaque jour.

Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre.

La vie, c'est une panique dans un théâtre en feu.

La facilité c'est le talent qui se retourne contre nous.

Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action.

La vie humaine commence par l'autre côté du désespoir.

Plus absurde est la vie, moins supportable est la mort.

Le désir est une conduite d'envoûtement.

Un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.

Il est toujours facile d'obéir, si l'on rêve de commander.

Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre.

S'il veut vous demander conseil, c'est qu'il a déjà choisi la réponse.

Que l'humanité vienne à disparaître, elle tuera ses morts pour de bon.

Est-ce donc nuire aux gens que de leur donner la liberté d'esprit ?

Un amour, une carrière, une révolution : autant d'entreprises que l'on commence en ignorant leur issue.

On ne fait pas ce qu'on veut et cependant on est responsable de ce qu'on est.

Etre mort, c'est être en proie aux vivants.

La possession est une amitié entre l'homme et les choses.

Le monde peut fort bien se passer de littérature. Mais il peut se passer de l'homme encore mieux.

Il suffit qu'un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l'humanité entière.

Nous ne sommes nous qu'aux yeux des autres et c'est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes.

Chaque époque découvre un aspect de la condition humaine, à chaque époque l'homme se choisit en face d'autrui, de l'amour, de la mort, du monde.

Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique.

Quand Dieu se tait, on peut lui faire dire ce que l'on veut.

Parler c'est agir : toute chose qu'on nomme n'est déjà plus tout à fait la même, elle a perdu son innocence.

La patrie, l'honneur, la liberté, il n'y a rien : l'univers tourne autour d'une paire de fesses, c'est tout...

Pour que l'événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu'on se mette à le raconter.

Le monde est iniquité ; si tu l'acceptes, tu es complice, si tu le changes, tu es bourreau.

On n'est pas un homme tant qu'on n'a pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir.

L'homme se fait ; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.

Ne pas trop réfléchir sur la valeur de l'Histoire. On court le risque de s'en dégoûter.

Se méfier de la littérature. Il faut tout écrire au courant de la plume sans chercher les mots.

La Liberté, ce n'est pas de pouvoir ce que l'on veut, mais de vouloir ce que l'on peut.

Ceux qu'on aime, on ne les juge pas.

Le jardinier peut décider de ce qui convient aux carottes, mais nul ne peut choisir le bien des autres à leur place.

L'intellectuel est quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Le désir s'exprime par la caresse comme la pensée par le langage.

Les mots boivent notre pensée avant que nous ayons eu le temps de la reconnaître.

Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres .

© Jean-Paul Sartre - Philosophe et écrivain français