04.06.2006
Lucioles printanières
Fin de l'hiver se reflète sur le lac,
La brise fait valser les herbes folles,
Givré sort, s'évapore dans l'entre sac,
Drus germent, feu fomente les corolles
La brise fait valser les herbes folles,
Fait des ridules, blanc de partout se craque,
Les migrateurs reviennent en obole
D'un printemps où le vert frais se plaque
Givré sort, s'évapore dans l'entre sac,
Fleur céleste s'élève un brin frivole,
Son or réveille les cœurs élégiaques,
Leurs cieux avec les nuages s'envolent
Drus germent, feu fomente les corolles,
Persistants égayent à faire fondre sérac,
Hémérocalles se font lucioles,
Fin de l'hiver se reflète sur le lac
© Pascal Lamachère - mars 2004
http://www.mondalire.com/saison/inspira_20.htm
23:35 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poème, printemps, luciole, hémérocalles
09.04.2006
Un tourbillon printanier
Un tourbillon printanier
Une caresse du vent envole le papillon
Né des frimas évanescents de l'hiver...
Tourne et contourne les frêles à l'air
Où s'épanche l'or de la création
Usité jusqu'à la moelle des verts
Ruisselant pour sortir de la terre...
Base du renouveau s'élève avec amour,
Initie et renforce l'élan des beaux jours...
La caresse devient B(r)ise*, puis Levant**,
Les ailés libres suivent le courant,
Obliquent là où la fleur de feu est haute;
Nid de l'Austère***, du vertige de la côte...
Près des nuages, l'océan prend place,
Rives forment un passage à travers glace;
Île des rêveurs voyageant à l'inspire...
Nue il y a peu, avec flore la terre s'étire,
Tourne et tourne, se bariole ici et là
Aux couleurs chatoyantes du printemps;
Nerf des étoiles et de la saison de l'aimant...
Ivresse du papillon gagne mon coeur tout, tout en joie,
En oublie les mines et toutes les tristes nuits,
Rigole, pétales ouverts, jusqu'à inverser la lie...
© Pascal Lamachère - Avril 2006
Poème, acrostiche écrit pour l'atelier 67 du site Au Quotidien
(* Bise : La Bise est un vent soufflant du nord ou du nord-est, on la rencontre dans la majeure partie du territoire. On la dénomme aussi vent de France dans l'Oise, vent d'amont dans le Cantal, bent de biso dans le Gers et biso negro dans le Rouergue. Il est froid, modéré à fort, sec, et sévit en toutes saisons, mais plus particulièrement en hiver et au printemps.
** Levant : Le Levant est un vent d'est soufflant sur les régions du Sud-Est. Il est plus couramment appelé levant (ou Llevant en Catalan) dans le Roussillon et levante en Corse. Modéré à fort, il est généralement doux et humide avec des précipitations. Lorsqu'il souffle par beau temps, c'est le levant blanc.
*** Auster : vent chaud du midi
source :
http://zebulon1er.free.fr/ventnom.htm
http://www.outilssolaires.com/Glossaire/pop-vents.htm )
13:40 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
06.03.2006
Génération électronique
J'aime bien les ateliers d'écriture, ils sont une source de motivation, une façon de garder éveiller, de "discipliner" la plume. Vous trouverez ainsi ci-après un chtit poème écrit pour la "consigne A" -écrire sur le thème de "L'aventure de toute une génération" - de l'atelier 66 du site Au Quotidien :
Dans des hiers nos ancêtres se faisaient la guerre,
Au "quotidien" canon faisait pleuvoir la terre,
L'ombre de la faux de fer planait sans compromis,
Les promesses de la mer changeait plus d'une vie.
"Aujourd'hui" pas grand chose a finalement changé,
Si ce n'est qu'on explore les bits, les kilos octets.
L'aspiration du bleu est devenue spatiale,
Mais le feu, l'élan vers l'ailleurs est le même au final !
Mais... moyens de communications sont diversifiés,
On discute aussi bien avec son voisin de palier
Qu'avec des âmes de l'autre bout de la ronde,
On peut aussi s'amuser à barioler la Joconde !
Le temps continue, nul ne sait où cela va mener,
On teste, on expérimente, on observe, on rectifie
Jusque dans des courses contre les virus lancés
Tel chevaux de Troie menaçant l'intégrité des parvis.
Les compteurs tournent, les écrans se modernisent,
Les moteurs rendent les fonctions automatiques à la mode,
Mais nous ne sommes pas une génération électronique en solde,
A côté des robots il y a des vies en assise...
© Pascal Lamachère - 4 mars 2006
15:15 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes
25.02.2006
La valse à quatre Temps
Il y a très, très, très longtemps, alors que les terres étaient à peines émergées, Gaïa, s'ennuyant avant d'achever ses créations, parcourait de long en large sa chambrée.
Le jour, elle sentait la fleur céleste de ses crins chatoyants la caresser d'une douce aubade. La nuit, l'oriflamme des cieux dansait avec elle, le silence n'était pas, en elle la chamade. Mais elle ne savait que faire de tout ce qui était à sa portée, le dessin que lui réservait les dieux...
Un jour, elle alla voir ce bon monsieur Temps, afin d'éclaircir son éternité.
Celui-ci, dans sa suite douillette, méditait depuis bientôt, oh !... depuis la nuit de la nuit. Il s'était gavé dans la source originelle, empiffré de tablettes de big-bang et d'expansion à en faire des trous noirs, comme une souris fromagère qui fait avec soin son gruyère. Sa position n'était pour autant pas si confortable que cela, puisqu'elle l'avait emplie de solitude sans vie ; à quoi bon, tant d'infini s'il n'est pas partagé ? Faire le tour de l'univers sans se perdre ? Ainsi, lorsque la dame toute nature vint secouer le sablier de sa porte, il en fut tout émoustillé. D'autant plus lorsqu'il aperçut la visiteuse après s’être changé et quelques grains avoir enlevé. Il la fit entrer, la salua d'une pluie printanière, lui fit visiter de sa demeure les méandres. Ils entamèrent ensuite la discussion autour de leur fonction, leur destinée, leur préoccupation. Et Gaïa arriva au vif du sujet, le pourquoi de sa venue. Le Temps comprit de sa visiteuse la déconvenue. Pris de compassion, il l'invita à danser pour se changer les idées, lui promettant de trouver solution.
Le Temps : « Venez danser ma dame, les fées filantes joueront pour nous la symphonie de la nuit des temps. Je vous emmènerai valser jusqu'à votre ronde où, si envie vous avez, nous mettrons pensées à nu. »
Gaïa : « Mon âme-Temps, vous m'envoyez devenir verte d'autant de prévenance, à en faire frémir mon sang. Je ne puis qu'accepter, et je vous montrerai les atours et intérieurs de la planète qui fait mon sens.»
Le Temps et Gaïa s'en allèrent aussitôt, enlacés l'un à l'autre. Pour leur rendre hommage, le cristal de feu à leur venue, pris par les envolées de la mélopée, monta plus haut et les fit baigner dans sa lumière. Les nuages se mirent tantôt à gronder, tantôt à s'évaporer en rythme mordoré. Le vent se fit brise et tempête. La Vie, amie et enfant de la Dame, qui était arrivée et avait posée ses bagages, s'accommoda avec la terre. Puis, pour laisser intimité à la valse des deux joyeux enlacés, avec des notes plus tempérées, les cieux se couvrirent, la fleur se courba pour aller au lieu où elle ne les dérangerait. Fille qui toujours s'agitait, se préparait avec son cortège à s'assoupir : les feuilles tombèrent pour préparer leur couche. En quête de chatoiements, des oiseaux s'envolèrent vers un ailleurs, les draps de chacun en harmonie furent dépliés. Quand la musique se fit murmure, prête à s'éteindre, Temps enlaça la Dame, l'embrassa de son entier avec ciel. Elle lui répondit en accord et, né de l'immensité de leur plaisir de s'être trouvés, des anges de cristal vinrent, les recouvrant d'un manteau d'hermine afin qu'ils puissent jouir de leur plaisir en totale impunité, pour que dieux n'aient à mot dire, à jalouser. Vie avait fait Hommes, des arbres devenus chaumières. Ils rentrèrent, frêles rendus face aux actions de la toute jeune température qui, pour faire vivre l'immobilité, s'était assoupie loin de leur feu.
Quand nos deux amants universels eurent consommé leur bonheur, du grain s'écoulant, les fées firent rejaillir la symphonie, Gaïa se changea pour mettre un manteau de verdure, sa fille Vie fit des bourgeons, le Temps revint en sa suite pour admirer tout le travail des astres de la nuit et du jour qui y découvrir leur passion…
Depuis ce moment circulaire, où le sablier a fait faire un tour à la terre, Gaïa et le Temps ne cessent de s'offrir cette escapade, cortège de se fondre en la symphonie et notre Dame, guillerette en sa chambre, d'arborer un grand sourire...
14:20 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, conte, poétique, valse, quatre, temps, Gaia, saison, hiver
23.02.2006
Introspection hivernale
Sais-tu qu'étoiles de nos cieux sont fragiles
Qu'il ne faut les trahir par quelques jugements
Tel des avions plongeant des tours dans le noir
Tel un volcan qui fait basculer vie d'île
J'effleure...
A travers les rideaux s'anime l'air du Temps
Sais-tu qu'une envolée se nourrit d'espoir
Il ne faut rester la tête dans les abîmes
Il ne faut avoir peur de ces plus hautes cimes
Je touche...
Fée se pose sur tête du promenoir
Agite sa baguette pour poser sublime
Sais-tu qu'elle prépare source au soleil d'hiver
Sais-tu que son ivresse se déguste au calme
J'explore...
Sais-tu qu'ombre ne grignote que de l'infime
Que lumière se partage des gros airs
Mais la loi ne vaut que par vue de terre
Mais ce n'est "qu'une" explosion qui est infâme
Je fonds...
Aux pieds d'un grand blanc les paysages d'ère
Défilent comme farandole par calame
Dans page immaculée s'avive sang
Dans sable d'hiver renaît songe du printemps...
Sais-tu ?
© Pascal Lamachère - février 2006
18:45 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes, poème, introspection, hiver, fée, attentas, exploration, neige, printemps
21.02.2006
En un lieu sur terre
L'aube - silencieuse - se lève,
Là bas où il n'y a de trêve,
Sans guerre, douceur de nature...
Tellement de lieux, pays différents
Ce pourrait être, avec ou sans murs,
Un c'est déjà beaucoup trop...
J'y imagine des enfants au chaud
Voler dans leur bras des aimants
En bulle de songe ce qu’ils leur volent...
L'insouciance d'une vie
Au courant d'un long fleuve
Où le sang ne s'y fait obole...
Obole à une croyance, fi
De tolérance, fabrique veuves
Qu'ils vont emprisonner
Derrière un rideau de rejet,
Leurs enfants déjà mortifiés,
Sanglots amers sont refoulés
Ils ne peuvent courir les rues,
Ne peuvent jouer en toute liberté,
Seulement en songe rêvasser
Mais, de leur âme décharnue,
En ont ils en corps la force ?
Il y a des lieux où naître
Il ne fait pas en corps bon
Il y a des lieux où l'écorce
De se couvrir, où champs paître,
Sur les arbres, n'a le temps,
Ne seront jamais… où les ronds
Sont ceux que font les avions
A explosion, les tutures piégées…
Où les graines ne peuvent germer,
Où les pétales des fleurs sont courbés,
Des yeux en brisures, rivières salées,
Arrosés par une pluie putréfiée
Il y a des jungles, avec organisés
Les assassinats, de végétation ou béton.
Les oiseaux, on ne les y entend
Chanter, s'amusent à, ou sont écrasés.
L'aube a trépassé, est arrivé le son
Du carillonneur, les mains en sang.
Une journée nouvelle a commencé,
De boucheries ou « simples » rejets
Se déchirent dans la chair des frères…
Des frères, ainsi nous sommes tous nés,
Et qu'importe, nés de la même terre…
Des frères en famille, il y en a sûrement
Qui sont dans des opposés camps,
Pourtant dans les maux en accord...
C'est arrivé ou arrive près de chez vous…
L'ère où toutes les peuplades étaient en guerre,
Proche de Cro-Magnon, n'est pas loin derrière.
L'air haineux, assoiffés, il y a furieux partout !
Il y a des lieux où l'espoir
Au cœur se nourrit de voir
L'aube prochaine - feu d'or - s'élever,
De pouvoir les étoiles contempler.
Chaque souffle qu'il leur est accordé
Vont le transformer en un océan,
Où fées, lutins et autres se côtoient,
Où le réel rejoint l'imaginaire,
Où un lapin de son terrier sortant,
Se souciant guère des naturelles lois,
Parle de sa vie aux oiseaux en fer...
Il y a de ces lieux où poussière
Très vite redevient, retombe, père
D'hommes prétentieux
qui pour - Dieux - s'incombent
Le devoir des autres, d'en diriger,
De creuser in-con-sciemment leur tombe.
D'humanité ils s'en sont dissociés,
Leur faudra beaucoup de
savon pour âme nettoyer.
Il y a des intérieurs, où la symphonie
Est coupée. Des montagnes ont été poussées
Sur des sentiers privés de la liberté
D'exister, de sentir la lune, la nuit,
S'offrir en toute sensuelle simplicité.
Il y a des intérieurs où patentées
Les couleurs de la mer au ciel
Ne sont plus qu'ocres, desséchées
En l'élan du ritournelle fiel.
Le coucher - tonitruant - arrive,
Dans la journée, sur des rives
Souillées. De toutes les créatures
Y sont passées, gel du futur…
En un lieu sur terre,
Les loups et louves d'eux se sont exilés,
Dans la nuit de l'éternité,
Il n’y a plus que cinquième saison,
Des larmes de roses fanées pour pleurer,
Du cœur, la seule chanson...
~ Pascal Lamachère - Octobre 2002 ~
12:25 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poème, poète, guerre, rêve, enfant, blessure, lieu, terre

