28.02.2006
Nouveau Forum
J'ai mis en place un tout nouveau forum pour deux autres sites dont je m'occupe (littéraire et artistique), afin de ne plus avoir à faire de mises à jour sur ces sites avant un certain temps tout en offrant aux visiteurs la possibilité de lecture, écriture, de favoriser les échanges. Si vous aimez faire rêver, faire ressentir, conter des tranches, romancer, écrivez de manière romanesque pour coeurs d'enfants, des grands enfants, vos écrits seront bienvenus ici, et plus largement, d'autres parties du forum accueillent tous les styles. De plus, si vous créez, photos, chansons, peintures, dessins, vous serez aussi le/la bienvenue ! Trêve de bavardage, voici l'url du forum : http://leplumorum.free.fr
N'hésitez pas à venir faire un coucou, venir faire un tour :)
Bonne fin de moitié de semaine,
Pascal
20:25 Publié dans Annonces | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, forum, liens, gratuit, amateur, littérature, artiste, poètes, poèmes
25.02.2006
La valse à quatre Temps
Il y a très, très, très longtemps, alors que les terres étaient à peines émergées, Gaïa, s'ennuyant avant d'achever ses créations, parcourait de long en large sa chambrée.
Le jour, elle sentait la fleur céleste de ses crins chatoyants la caresser d'une douce aubade. La nuit, l'oriflamme des cieux dansait avec elle, le silence n'était pas, en elle la chamade. Mais elle ne savait que faire de tout ce qui était à sa portée, le dessin que lui réservait les dieux...
Un jour, elle alla voir ce bon monsieur Temps, afin d'éclaircir son éternité.
Celui-ci, dans sa suite douillette, méditait depuis bientôt, oh !... depuis la nuit de la nuit. Il s'était gavé dans la source originelle, empiffré de tablettes de big-bang et d'expansion à en faire des trous noirs, comme une souris fromagère qui fait avec soin son gruyère. Sa position n'était pour autant pas si confortable que cela, puisqu'elle l'avait emplie de solitude sans vie ; à quoi bon, tant d'infini s'il n'est pas partagé ? Faire le tour de l'univers sans se perdre ? Ainsi, lorsque la dame toute nature vint secouer le sablier de sa porte, il en fut tout émoustillé. D'autant plus lorsqu'il aperçut la visiteuse après s’être changé et quelques grains avoir enlevé. Il la fit entrer, la salua d'une pluie printanière, lui fit visiter de sa demeure les méandres. Ils entamèrent ensuite la discussion autour de leur fonction, leur destinée, leur préoccupation. Et Gaïa arriva au vif du sujet, le pourquoi de sa venue. Le Temps comprit de sa visiteuse la déconvenue. Pris de compassion, il l'invita à danser pour se changer les idées, lui promettant de trouver solution.
Le Temps : « Venez danser ma dame, les fées filantes joueront pour nous la symphonie de la nuit des temps. Je vous emmènerai valser jusqu'à votre ronde où, si envie vous avez, nous mettrons pensées à nu. »
Gaïa : « Mon âme-Temps, vous m'envoyez devenir verte d'autant de prévenance, à en faire frémir mon sang. Je ne puis qu'accepter, et je vous montrerai les atours et intérieurs de la planète qui fait mon sens.»
Le Temps et Gaïa s'en allèrent aussitôt, enlacés l'un à l'autre. Pour leur rendre hommage, le cristal de feu à leur venue, pris par les envolées de la mélopée, monta plus haut et les fit baigner dans sa lumière. Les nuages se mirent tantôt à gronder, tantôt à s'évaporer en rythme mordoré. Le vent se fit brise et tempête. La Vie, amie et enfant de la Dame, qui était arrivée et avait posée ses bagages, s'accommoda avec la terre. Puis, pour laisser intimité à la valse des deux joyeux enlacés, avec des notes plus tempérées, les cieux se couvrirent, la fleur se courba pour aller au lieu où elle ne les dérangerait. Fille qui toujours s'agitait, se préparait avec son cortège à s'assoupir : les feuilles tombèrent pour préparer leur couche. En quête de chatoiements, des oiseaux s'envolèrent vers un ailleurs, les draps de chacun en harmonie furent dépliés. Quand la musique se fit murmure, prête à s'éteindre, Temps enlaça la Dame, l'embrassa de son entier avec ciel. Elle lui répondit en accord et, né de l'immensité de leur plaisir de s'être trouvés, des anges de cristal vinrent, les recouvrant d'un manteau d'hermine afin qu'ils puissent jouir de leur plaisir en totale impunité, pour que dieux n'aient à mot dire, à jalouser. Vie avait fait Hommes, des arbres devenus chaumières. Ils rentrèrent, frêles rendus face aux actions de la toute jeune température qui, pour faire vivre l'immobilité, s'était assoupie loin de leur feu.
Quand nos deux amants universels eurent consommé leur bonheur, du grain s'écoulant, les fées firent rejaillir la symphonie, Gaïa se changea pour mettre un manteau de verdure, sa fille Vie fit des bourgeons, le Temps revint en sa suite pour admirer tout le travail des astres de la nuit et du jour qui y découvrir leur passion…
Depuis ce moment circulaire, où le sablier a fait faire un tour à la terre, Gaïa et le Temps ne cessent de s'offrir cette escapade, cortège de se fondre en la symphonie et notre Dame, guillerette en sa chambre, d'arborer un grand sourire...
14:20 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, conte, poétique, valse, quatre, temps, Gaia, saison, hiver
24.02.2006
Moi aussi je veux mon fauteuil !
Fauteuils d'orchestre
Tous ces personnages et leurs compagnons vont se croiser et se retrouver le temps d'une soirée au Café des Théâtres, où ils viendront soigner leur névrose devant un café ou un "tartare frites".
Fiche allociné : Cliquez ici
Mon avis : Je suis venu, j'ai vu et... j'ai bien aimé !
Et à la fois assez profond, parfois abyssale, intriguant comme l'aspiration du microcosme dans lequel elle évolue, comme des paroles de vie sur des mélodies entraînantes, des chefs d'oeuvre de la chanson française...
Et surtout humain, terriblement humain... des humains avec des failles, à commencer par un célèbre pianiste joué par un étonnant Albert Dupontel, jusqu'à la gardienne du théâtre jouée par une Dani sincère et émouvante...
19:10 Publié dans Babillage - Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
23.02.2006
Introspection hivernale
Sais-tu qu'étoiles de nos cieux sont fragiles
Qu'il ne faut les trahir par quelques jugements
Tel des avions plongeant des tours dans le noir
Tel un volcan qui fait basculer vie d'île
J'effleure...
A travers les rideaux s'anime l'air du Temps
Sais-tu qu'une envolée se nourrit d'espoir
Il ne faut rester la tête dans les abîmes
Il ne faut avoir peur de ces plus hautes cimes
Je touche...
Fée se pose sur tête du promenoir
Agite sa baguette pour poser sublime
Sais-tu qu'elle prépare source au soleil d'hiver
Sais-tu que son ivresse se déguste au calme
J'explore...
Sais-tu qu'ombre ne grignote que de l'infime
Que lumière se partage des gros airs
Mais la loi ne vaut que par vue de terre
Mais ce n'est "qu'une" explosion qui est infâme
Je fonds...
Aux pieds d'un grand blanc les paysages d'ère
Défilent comme farandole par calame
Dans page immaculée s'avive sang
Dans sable d'hiver renaît songe du printemps...
Sais-tu ?
© Pascal Lamachère - février 2006
18:45 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poèmes, poème, introspection, hiver, fée, attentas, exploration, neige, printemps
22.02.2006
Une histoire de Sartre (de ses citations)
Ne pas choisir, c'est encore choisir.
La douleur, c'est le vide.
L'argent n'a pas d'idée.
L'homme est à inventer chaque jour.
Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre.
La vie, c'est une panique dans un théâtre en feu.
La facilité c'est le talent qui se retourne contre nous.
Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action.
La vie humaine commence par l'autre côté du désespoir.
Plus absurde est la vie, moins supportable est la mort.
Le désir est une conduite d'envoûtement.
Un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.
Il est toujours facile d'obéir, si l'on rêve de commander.
Pour obtenir une vérité quelconque sur moi, il faut que je passe par l'autre.
S'il veut vous demander conseil, c'est qu'il a déjà choisi la réponse.
Que l'humanité vienne à disparaître, elle tuera ses morts pour de bon.
Est-ce donc nuire aux gens que de leur donner la liberté d'esprit ?
Un amour, une carrière, une révolution : autant d'entreprises que l'on commence en ignorant leur issue.
On ne fait pas ce qu'on veut et cependant on est responsable de ce qu'on est.
Etre mort, c'est être en proie aux vivants.
La possession est une amitié entre l'homme et les choses.
Le monde peut fort bien se passer de littérature. Mais il peut se passer de l'homme encore mieux.
Il suffit qu'un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l'humanité entière.
Nous ne sommes nous qu'aux yeux des autres et c'est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-mêmes.
Chaque époque découvre un aspect de la condition humaine, à chaque époque l'homme se choisit en face d'autrui, de l'amour, de la mort, du monde.
Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique.
Quand Dieu se tait, on peut lui faire dire ce que l'on veut.
Parler c'est agir : toute chose qu'on nomme n'est déjà plus tout à fait la même, elle a perdu son innocence.
La patrie, l'honneur, la liberté, il n'y a rien : l'univers tourne autour d'une paire de fesses, c'est tout...
Pour que l'événement le plus banal devienne une aventure, il faut et il suffit qu'on se mette à le raconter.
Le monde est iniquité ; si tu l'acceptes, tu es complice, si tu le changes, tu es bourreau.
On n'est pas un homme tant qu'on n'a pas trouvé quelque chose pour quoi on accepterait de mourir.
L'homme se fait ; il n'est pas tout fait d'abord, il se fait en choisissant sa morale, et la pression des circonstances est telle qu'il ne peut pas ne pas en choisir une.
Ne pas trop réfléchir sur la valeur de l'Histoire. On court le risque de s'en dégoûter.
Se méfier de la littérature. Il faut tout écrire au courant de la plume sans chercher les mots.
La Liberté, ce n'est pas de pouvoir ce que l'on veut, mais de vouloir ce que l'on peut.
Ceux qu'on aime, on ne les juge pas.
Le jardinier peut décider de ce qui convient aux carottes, mais nul ne peut choisir le bien des autres à leur place.
L'intellectuel est quelqu'un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas.
Le désir s'exprime par la caresse comme la pensée par le langage.
Les mots boivent notre pensée avant que nous ayons eu le temps de la reconnaître.
Pas besoin de gril : l'enfer, c'est les Autres .
© Jean-Paul Sartre - Philosophe et écrivain français
20:20 Publié dans Le coin des citations | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Sartre, citations, l'enfer, les autres
Munich

Synopsis : Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme.
Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée "Colère de Dieu". Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront vivre en permanence dans l'ombre...
Site officiel : http://www.uipfrance.com/sites/munich/
Fiche allociné : cliquez ici
Mon avis : Munich est classé dans le genre "drame historique"...
Pourquoi aller voir Munich ? Les imbrications géopolitiques ne sont pas très fouillées, sont abordées en surface, servent plus de prétexte à une histoire "actuelle" ? L'historique n'est pas assez fidèle et quitte à aller voir une histoire abordant le sujet autant regarder "Les Patriotes" ou dans l'historico-fiction aller voir "Lord of War" qui nous en dit aussi long, voir plus, sur ce qu'il peut se passer "dans notre dos" ?
Pourquoi aller voir Munich ? Quand il suffit d'allumer sa télévision pour voir des images d'attentat, quand il y a des reportages, des films qui nous en apprennent plus, quand il y a des films plus intrigants, plus hitchcockiens, des thrillers, des séries plus palpitantes comme 24 h chrono qui abordent aussi le problème du terrorisme ?
Pourquoi aller voir Munich ? Quand le drame est prévisible, quand il n'y a pas d'effet dramatique aussi intense que dans une histoire Shakespearienne ?
Pourquoi ?...
Parce que !... Mais encore ?!
J'ai eu du mal à positionner mon avis sur ce film. Il m'avait laissé une impression étrange à la sortie de la salle... J'ai eu besoin de le digérer plusieurs jours affin de prendre assez de recul pour faire une critique fidèle à mon appréciation du film. D'un côté, j'avais conscience de voir de l'authentique Spielberg. Ce réalisateur qui marque le paysage cinématographique hollywoodien d'une patte indélébile, ce même réalisateur qui nous offre des films d'anthologie, des chefs d’œuvre pour les rêveurs et pour les blasés, les poètes et les aventuriers, à l'humanité et l'intelligence à la fois utopique et lucide, délectable quand on comprend, est touché. De l'autre, j'avais eu le sentiment de ne pas en avoir eu pour ma soif de petit plus, d'avoir vu une histoire bien ficelée mais qui ne m'apprenait rien de nouveau. Sauf que maintenant j'ai beau essayé de refreiner l'élan dithyrambique pointant par plume... Force est de constater qu'avec son film il a fait mouche.
Car après digestion du film... au cas où vous l'aurez pas compris ^^, je partage les avis "très positifs" sur Munich. A la base il y a un schéma un peu "facile", mais j'attache beaucoup d'importance à la qualité du scénario, et de ce schéma facile s'échafaude un scénario digne de ce nom, une histoire qui m'a tenu en haleine malgré ses rebondissements prévisibles. L'efficacité de la mise en scène, de l'ambiance rendue, avec quelques scènes "originales" marquantes, secoue comme si on était face à de l'authentique terrorisme, une histoire réelle. Un peu comme si Steven exorcisait à travers ce film toute la violence qu'ont vécu les victimes, avec une dimension froide et humaine, un chaos que l'esprit tente de rationaliser, essayant de se raccrocher à des principes, à une justification, des motivations personnelles. Pas facile de ne pas se noyer dans la nasse où le réalisateur fait plonger ses personnages principaux.
Pour la petite histoire, certains reprochent à ce film son côté "fiction", son manque d'approfondissement sur les imbroglios de l'affaire, le réduisent à une idée évoquée "la violence engendre la violence", mais... Vous auriez voulu de l'historique approfondie, une analyse fouillée, de "l'intellectualisation à tout va" ? Allez voir des documentaires ;p. Non, plus sérieusement, si à travers et au delà de la mise en scène il fait passer des messages qui s'adressent à tout coeur humain, Spielberg arrive à éviter de prendre partie, va au delà du manichéisme. Et personnellement, les quelques tirades de "morales" ne sont qu'une partie de ce que je retiens. Qu'est-ce que je retiens ? Une sorte d'odyssée humaine, d'humains qui cherchent leur racine, qui se perdent dans leurs idéaux, pour une cause. En fait pour moi ce n'est que dans la forme qu'il aborde le sujet du terrorisme, la manière d'y répondre et les "problèmes" que cela peut impliquer, problème dans lesquels les protagonistes peuvent souiller leur âme, la perdre.
Dit comme ça, ça peut paraître simpliste, à l'instar de deux ou trois tirades de philosophie "faciles", mais... C'est un peu comme le Titanic... On pourrait le résumer comme un film d'amour tragique/catastrophe à la philosophie carpe diem où un bateau coule, et pourtant... Chacun en retire ce qu'il veut bien en retirer suivant sa vision, ses attentes. Bon, tout le monde n'a pas la même sensibilité, tout le monde n'a pas besoin d'être secoué, et tout le monde peut ne pas ne pas accrocher à l'histoire... Nous sommes tous différent, et même parmi les critiques spécialisées il est rare que pour un film il y n'ait pas de critiques radicalement opposées. C'est ce qui fait la richesse de l'humain. Mais bref, s'il faut aussi savoir prendre un film pour ce qu'il est, pour moi, Munich ce serait plutôt "Pourquoi faire compliqué quand on peut faire compliqué en étant simple ?". Il aborde des parties profondes et d'autres de manières plus superficielles, en fleurant leur surface pour ne pas perdre ses spectateurs, pour nous faire vivre une histoire tout en laissant à notre imagination le soin de pousser les autres portes. J'irai jusqu'à faire un parallèle avec les noeuds. Il nous fait voir une histoire à travers un fil tout en nous laissant entrevoir d'autres fils qui s'y mêlent.
Au final, si je suis ressorti de là avec une impression d'étrange - comme vous l'aurez compris - je suis "obligé" de reconnaître que c'est un de ces films du genre - j'ai une préférence pour les sciences fictions, les films qui font rêver, qui ont une dimension d'exotisme - à ne pas m'avoir laissé indifférent, à m'avoir transporté avec lui, à avoir réussi à me faire vivre les hauts et bas des personnages principaux. Je ne puis que rendre à César ce qui est à César et conclure que, sur mon échelle de "valeurs", c'est un film qui est très bien sur beaucoup de "plans", un de ces films qui mérite le rang de film culte, de chef d'oeuvre.
12:15 Publié dans Babillage - Divers | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Munich, film, Steven, Spielberg, terrorisme, terroriste, critique, avis
21.02.2006
Il pleure dans mon coeur (poéme de Verlaine)
Il pleure dans mon coeur
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénétre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! Nulle trahison ? ...
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !
© Paul Verlaine - 19 ème siècle
19:10 Publié dans Textes d'anthologie d'auteurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Verlaine, poème, poésie, Paul, Il pleure dans mon coeur
En un lieu sur terre
L'aube - silencieuse - se lève,
Là bas où il n'y a de trêve,
Sans guerre, douceur de nature...
Tellement de lieux, pays différents
Ce pourrait être, avec ou sans murs,
Un c'est déjà beaucoup trop...
J'y imagine des enfants au chaud
Voler dans leur bras des aimants
En bulle de songe ce qu’ils leur volent...
L'insouciance d'une vie
Au courant d'un long fleuve
Où le sang ne s'y fait obole...
Obole à une croyance, fi
De tolérance, fabrique veuves
Qu'ils vont emprisonner
Derrière un rideau de rejet,
Leurs enfants déjà mortifiés,
Sanglots amers sont refoulés
Ils ne peuvent courir les rues,
Ne peuvent jouer en toute liberté,
Seulement en songe rêvasser
Mais, de leur âme décharnue,
En ont ils en corps la force ?
Il y a des lieux où naître
Il ne fait pas en corps bon
Il y a des lieux où l'écorce
De se couvrir, où champs paître,
Sur les arbres, n'a le temps,
Ne seront jamais… où les ronds
Sont ceux que font les avions
A explosion, les tutures piégées…
Où les graines ne peuvent germer,
Où les pétales des fleurs sont courbés,
Des yeux en brisures, rivières salées,
Arrosés par une pluie putréfiée
Il y a des jungles, avec organisés
Les assassinats, de végétation ou béton.
Les oiseaux, on ne les y entend
Chanter, s'amusent à, ou sont écrasés.
L'aube a trépassé, est arrivé le son
Du carillonneur, les mains en sang.
Une journée nouvelle a commencé,
De boucheries ou « simples » rejets
Se déchirent dans la chair des frères…
Des frères, ainsi nous sommes tous nés,
Et qu'importe, nés de la même terre…
Des frères en famille, il y en a sûrement
Qui sont dans des opposés camps,
Pourtant dans les maux en accord...
C'est arrivé ou arrive près de chez vous…
L'ère où toutes les peuplades étaient en guerre,
Proche de Cro-Magnon, n'est pas loin derrière.
L'air haineux, assoiffés, il y a furieux partout !
Il y a des lieux où l'espoir
Au cœur se nourrit de voir
L'aube prochaine - feu d'or - s'élever,
De pouvoir les étoiles contempler.
Chaque souffle qu'il leur est accordé
Vont le transformer en un océan,
Où fées, lutins et autres se côtoient,
Où le réel rejoint l'imaginaire,
Où un lapin de son terrier sortant,
Se souciant guère des naturelles lois,
Parle de sa vie aux oiseaux en fer...
Il y a de ces lieux où poussière
Très vite redevient, retombe, père
D'hommes prétentieux
qui pour - Dieux - s'incombent
Le devoir des autres, d'en diriger,
De creuser in-con-sciemment leur tombe.
D'humanité ils s'en sont dissociés,
Leur faudra beaucoup de
savon pour âme nettoyer.
Il y a des intérieurs, où la symphonie
Est coupée. Des montagnes ont été poussées
Sur des sentiers privés de la liberté
D'exister, de sentir la lune, la nuit,
S'offrir en toute sensuelle simplicité.
Il y a des intérieurs où patentées
Les couleurs de la mer au ciel
Ne sont plus qu'ocres, desséchées
En l'élan du ritournelle fiel.
Le coucher - tonitruant - arrive,
Dans la journée, sur des rives
Souillées. De toutes les créatures
Y sont passées, gel du futur…
En un lieu sur terre,
Les loups et louves d'eux se sont exilés,
Dans la nuit de l'éternité,
Il n’y a plus que cinquième saison,
Des larmes de roses fanées pour pleurer,
Du cœur, la seule chanson...
~ Pascal Lamachère - Octobre 2002 ~
12:25 Publié dans Envolée poétique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poème, poète, guerre, rêve, enfant, blessure, lieu, terre
20.02.2006
Artiste à (re)découvrir
à ce que l’écrin ouvre des étoiles
Chut ! Silence,
Écoutez la science
De l'invisible
De l'indicible
Venu du fin fond des âges
De la chambre du hors temps
Pour s'épancher, se révéler à notre rivage
Par la main de l'artiste qui y a mêlé son sang bleu.
Chut ! Silence,
Délectez-vous, savourez ces images
Ces formes de la création, des femmes sans âge,
Chut ! Silence...
Oups, pardon, y a pu que moi en train de parler,
Mes excuses, je vais en silence vous laisser vous régaler ;p
23:19 Publié dans Babillage - Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ode, Archéologie, plastique, artiste, imaginaire, poésie, poètesse, pensées
19.02.2006
Une histoire de temps
Pour inaugurer la rubrique des citations, le temps, ritournelle dans nombre de pensées, horloge de nos quotidiens :
La chanson est expansion dans le passé, la photo finitude. La chanson est le sentiment heureux du temps, la photo son tragique. J'ai souvent pensé qu'on pourrait raconter toute sa vie seulement avec des chansons et des photos. (Annie Ernaux - Femme de lettres française)
L'avenir est une tradition. Combien de temps se maintiendra-t-elle ? (Jean-Claude Carrière - Ecrivain français)
Un enfant disait, pour parler du temps d'avant sa naissance : "Quand j'étais encore mort." (Jean-Claude Carrière - Ecrivain français)
La folie est le prix à payer pour le temps passé à être trop lucide. (Elliot Perlman - Ecrivain australien)
On ne peut pas dire que le temps coule et que quelque chose se passe, car tout a déjà eu lieu. (Viktor Pelevine - Ecrivain russe)
Avec le temps qui passe ceux qui étaient con le restent et ceux qui ne l'étaient pas le deviennent. (Philippe Geluck - Dessinateur de BD belge)
Quand on parvient, par la poésie, par la langue, à transgresser la durée pour faire lien avec le temps, l'existence est enrichie. (Chawki Abdelamir - Poète d'origine irakienne)
Le réel exil commence lorsque le présent est confisqué. Quand on est condamné à rêver le temps d'avant et attendre l'avenir. (Chawki Abdelamir - Poète d'origine irakienne)
Pour atteindre la vérité, il faut perdre du temps et cesser de travailler. (Montserrat Figueras - Chanteuse lyrique et écrivain espagnole)
Le temps se peuple, aussi mécaniquement que le vide attire le plein. (Marie Darrieussecq - Femme de lettres française)
Là où l'infini de l'espace recoupe l'infini du temps, on trouve un endroit précis à un moment donné ; j'y suis souvent. (Grégoire Lacroix - Ecrivain et poète français)
Ecouter de la musique fait ressentir le temps physiquement. (Jim Jarmusch - Cinéaste américain)
Le seul temps vraiment perdu est celui qu'on passe à regretter les occasions manquées. (Grégoire Lacroix - Ecrivain et poète français)
19:00 Publié dans Le coin des citations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : citations, temps, histoire, Jean-Claude Carrière, poète, écrivain, dessinateur, Grégoire Lacroix

